🍼 On entend souvent dire que la tétine, “c’est une mauvaise habitude”.
Pourtant… si tant d’enfants y tiennent, ce n’est pas un hasard : elle répond à un besoin réel de réassurance et d’apaisement.
Dans cet article, on fait le point sur ce que permet réellement la tétine pour le développement émotionnel.
😌 Un réflexe inné… bien plus qu’une habitude
Avant même la naissance, les bébés sucent leur pouce in utero : c’est ce qu’on appelle le réflexe de succion non nutritive. Ce geste instinctif est présent dès les premiers mois de grossesse, indépendamment de la faim.
À la naissance, ce réflexe permet à l’enfant de se nourrir, bien sûr. Mais très vite, il devient aussi un moyen de réconfort et de régulation sensorielle.
Sucer — que ce soit un doigt, un coin de tissu ou une tétine — apaise le système nerveux. Plus précisément, cela active le système parasympathique, chargé de faire redescendre la pression dans le corps.
Résultat :
✔️ le rythme cardiaque ralentit
✔️ la respiration s’apaise
✔️ le corps se détend
✔️ les pleurs s’interrompent parfois comme par magie
Ce n’est donc ni un caprice, ni une manie : c’est un vrai outil de régulation émotionnelle et physiologique, surtout en cas de stress, de transition, ou de fatigue.
🧠 Une vraie béquille émotionnelle… quand l’enfant ne sait pas encore faire seul
Avant 2 ou 3 ans, un enfant n’a pas les capacités cérébrales pour s’autoréguler tout seul. Il ne peut pas encore se “raisonner”, ni mettre des mots sur ce qu’il ressent.
Il a donc besoin de supports extérieurs pour l’aider à se calmer : le bercement, une voix douce, un câlin… ou une tétine.
Ce n’est ni un échec éducatif, ni un manque d’autonomie : c’est le développement normal du cerveau. Et pour beaucoup d’enfants, la tétine joue ce rôle d’intermédiaire rassurant, en particulier dans les moments sensibles : séparation, coucher, fatigue intense, grande émotion.
🚫 Retirer la tétine trop tôt : un faux “bon geste”
Par souci de bien faire, certains parents retirent la tétine dès la rentrée en maternelle ou à l’approche de l’anniversaire des 3 ans, avec des phrases comme :
“Tu es grand maintenant”, “Les grands n’ont plus de tétine”…
Mais si l’enfant n’est pas prêt, cela peut provoquer des effets inverses :
- troubles du sommeil,
- augmentation des pleurs ou des colères,
- transfert sur d’autres objets (pouce, manche, étiquettes…),
- voire une montée d’anxiété silencieuse.
Un sevrage réussi, comme pour tout changement important, se prépare dans un cadre rassurant, et respecte le rythme de l’enfant.
💡 Et concrètement, comment accompagner l’évolution de la tétine ?
Voici quelques pistes douces et efficaces :
- Parler de la tétine avec l’enfant, sans jugement, pour l’aider à en prendre conscience.
- Proposer d’autres moyens d’apaisement : doudou, histoire, petite routine sensorielle, respiration avec le parent.
- Limiter progressivement l’usage (sommeil uniquement, ou gros chagrin), sans l’interdire brutalement.
- Féliciter les progrès, même petits… et ne jamais culpabiliser les retours en arrière.
Avec la juste écoute, et une vraie confiance dans ses capacités, la tétine sera abandonnée comme une évidence par votre enfant… quand il sera prêt.
Géraldine Barandas
Thérapeute Parentalité et Sommeil